Pratiquer la « voie » au 21° siècle…

Le trait du dessous est le chemin. Le rectangle en trois parties, l’individu relié où la tête, le cœur et les mains (le ventre) agissent de concert. Il touche le ciel par le sommet dont il est éclairé et il touche  la Terre (le chemin) pour de bons appuis.

Le « dojo », le lieu où l’on pratique la voie… De quelle voie s’agit-il ? Peut-on la décliner au pluriel et partout ?

Un dojo peut se traduire par « le lieu où l’on pratique la voie », celle des arts martiaux mais aussi de tout art qu’on vit comme une voie. Cette voie, c’est avancer sur un chemin où les épreuves qui jalonnent le parcours ne sont pas une fin en soi mais des opportunités pour chacun à progresser en sagesse, en compassion et en stabilité mentale.

Bien sûr, en parallèle, il y a les progressions dans la pratique. Mais elles n’ont d’intérêt qu’avec le développement des qualités citées auparavant. Quand les deux progressions vont ensemble, les japonais disent alors de la personne qu’il développe son ventre ou hara (tantien pour les chinois). Cette voie n’est pas l’apanage des seuls japonais avec la notion de Do, elle est universelle et se nomme Tao pour les chinois, Maat pour les anciens égyptiens, Rta dans l’Inde védique et Païdeïa en occident et dans l’antiquité.

La définition de la païdeïa nous aide à aller encore plus loin dans la compréhension de cette voie et son intérêt. C’est l’art et la science de l’élévation de l’âme. Et pour cela, trois étapes qui peuvent se juxtaposer sont proposées dans sa pratique :

  • apprendre à ne pas être troublé, voir emporté par nos émotions et nos pulsions
  • voir les choses comme elles sont réellement plutôt que selon nos désirs
  • apprendre à méditer et contempler la nature (dont la nôtre) pour voir de plus haut et ainsi élever son âme.

Concrètement pour pratiquer cette voie, ou do ou encore païdeïa, les pratiques donnent le tempo pour que chacun apprenne à ne plus pâtir de ses passions et pulsions, fasse preuve de souplesse et de détente tout en étant particulièrement attentif et concerné dans sa pratique. Les cours centrés sur l’acquisition de principes et pas seulement de techniques aident chacun à faire des ponts et des analogies pour que ce qui est vécu sur les tatamis fasse sens et s’applique dans les autres aspects de sa vie. Par le groupe qui partage ce vécu, une émulation peut se créer entre tous les pratiquants basée sur l’entraide, le respect, l’humour et une certaine transparence. Alors les masques que trop souvent l’on porte pour répondre aux normes de la vie en société n’ont plus lieu d’être et peuvent s’effacer. Derrière eux et à l’horizon du parcours effectué par chacun dans cette voie universelle, le besoin de vivre en accord avec ses aspirations profondes se débat, émerge ou rayonne.